Burn Out et Happy Hours

02/10/18

Burn Out et Happy Hours

Les maladies n’échappent pas à la mode d’une époque. La préhistoire avait ses allergies aux poils de dinosaures, le moyen-âge se battait contre la peste, et aujourd’hui, nous venons d’inventer le burn-out. Ce trouble de l'équilibre entre travail et personnalité se développe sur une période indéterminée. On ne sait pas vraiment quand il commence, mais quand les effets sont là, c’est du lourd. Le burn-out, signifiant épuisement professionnel, s’installe avec perfidie. Ce nouveau mal du XXIème siècle plane sur le monde du travail comme un oiseau de mauvais augure. Il s’agit maintenant de le reconnaître afin de pouvoir agir avant de craquer.

 

Le burn-out, c’est quoi ?

Dans le monde professionnel d’aujourd’hui, les tensions psychiques dépassent souvent les tensions physiques, surtout quand on travaille dans un bureau. Le syndrome du burnout semble être le résultat de ce processus complexe, où se confrontent pression au travail, stress, et ressenti psychologique. Certains ont de plus en plus de mal à concilier vie professionnelle avec vie privée, tant la première prend une place parfois beaucoup trop envahissante. La nuit vous rêvez de votre patron ou de votre collègue malveillant. Vous parvenez à régler le problème d’un coup de baguette magique, mais au réveil, vous prenez conscience que vous n’avez rien résolu du tout.

 

Pourquoi ça arrive ?

Le burn-out est un engrenage infernal où la personne atteinte ne se repose plus. Elle travaille pendant ses heures professionnelles, pendant ses temps de pause au bureau, et même lors de son temps personnel à la maison. Elle est constamment sous pression et reporte cette pression dans sa vie privée.  C’est embêtant, parce que la vie personnelle est là au contraire pour se ressourcer. Dans un cas de burn-out, ce n’est plus possible. La pression et le stress sont si intenses que la personne n’arrive plus à faire baisser la température. Très affaiblie nerveusement, elle craque, parfois pour pas grand-chose, tant son système psychique brisé est incapable de gérer une situation. A défaut d’un verre à moitié plein, vous voyez un verre à moitié vide, c’est horrible.

Signes avant-coureurs de burnout

Constamment sous pression, stressé ? Bon, attention, il est parfois compliqué de faire la différence entre une fatigue passagère et un début de burn-out. Mais n’empêche, cela doit t’alerter si ce n’est pas courant chez toi. Si tu te sens émotionnellement épuisé, avec le cœur qui rame et des larmes plein les yeux, et que tu as envie d’appeler ta mère, c’est chaud. Le burn-out est entré chez toi et a commencé à ébranler ta résistance psychique. Cela donne une grosse nervosité, une perte du contrôle de l’émotivité. Regarde autour de toi : si l’un de tes potes, d’habitude plutôt calme et enjoué, se met du jour au lendemain à pleurer à chaudes larmes dans les toilettes de l’entreprise, c’est qu’il est certainement au bord de l’épuisement professionnel.

 

Manque de confiance en soi

Les signes avant-coureurs du burn-out sont nombreux. Il s’agit de savoir les identifier, sans pour autant voir du burn-out partout, dès que quelqu’un se comporte un peu bizarrement. Un gars qui grimpe sur le toit de l’entreprise dans le but de se jeter dans le vide souffre peut-être simplement d’un petit rhume des foins. Ce sont aussi des indices parfois sans importance qui peuvent alerter, comme par exemple l‘humour cynique, le découragement, le manque de confiance en soi qui s’installe, le doute, et la fatigue. Les happy-hours dans la salle de sport, c’est fini !

 

Je suis toujours crevé

Le burn-out a bien entendu un impact sur la santé physique. Une victime du burn-out se sent très fatiguée mais en même temps elle est incapable de se reposer. Au lieu d’aller dormir, tu vas courir dans le parc. Tu dors mal et les problèmes de concentration et d’efficacité ne tardent pas à arriver. Bingo, tu commences à faire des erreurs dans ton travail ! Tu te sens envahi par la lenteur, tu te dis j’ai un truc dans le cerveau. Alors, bon petit soldat, au lieu de prendre des vacances, tu augmentes la charge de travail, tu persistes, tu t’accroches, mais tu transpires grave. Un vrai cercle vicieux.

Je n’en peux plus !

La personne prise dans la spirale du « le boulot c’est la santé » chante à qui veut l’entendre qu’elle adore son job et que, franchement, c’est super cool de travailler ici. Mais cinq minutes après, dans les toilettes, tu éclates en sanglots, en essayant de faire le moins de bruit possible, de peur qu’on t’entende en train de craquer. Puis tu rentres chez toi, à pieds, tu marches comme un petit vieux. Le lendemain, tu appelles le bureau pour dire que tu es malade. Le jouet est cassé. 

 

Le burn-out, c’est quelle couleur ?

On va répéter, parce que c’est important, les premiers signes avant-coureurs qu’il faut décrypter : d’abord un engagement personnel plus élevé qui se mélange avec un épuisement total. Un peu le mec essoufflé qui court après le train qui est déjà parti. Ensuite tu as le manque d’enthousiasme, l’agressivité, des problèmes dans le couple, sentiment de culpabilité, apitoiement sur toi-même... Tes capacités intellectuelles semblent réduites, idem pour la créativité. Et les pensées suicidaires arrivent… La fuite pour ne plus souffrir. Le désespoir total, mêlé à une sincère incompréhension : mais qu’est-ce qui m’arrive ?

 

Se faire aider

Quand les symptômes commencent à devenir persistants, tu n’appelles pas ton meilleur pote ou ta copine de toujours. Tu vises plus haut, parce que c’est grave. Tu vas voir direct le service des ressources humaines et/ou la médecine du travail pour avoir un arrêt de travail ou un aménagement.  Mais lorsque arrivera le moment de la décompression, tu consulteras un psy. Seul, pas de reconstruction possible. Avant de songer à reprendre une activité normale, boulot compris, tu devras régler un certain nombre de choses, parfois compliquées, si tu ne veux pas replonger dans six mois.

 

Comment anticiper le burnout ?

On rencontre un peu partout des stratégies de prévention destinées aux salariés comme aux employeurs. Aujourd’hui, le bien-être (au travail) revient au centre des préoccupations. Pour se sentir bien, une personne a besoin de bienveillance autour d’elle et d’une vie qui puisse lui permettre de concilier le job et l’intime. Trouver un équilibre entre travail et détente sur le lieu même de l’entreprise peut être une solution : yoga, saut à l’élastique, chant choral…  L’épuisement professionnel n’est pas une fatalité. Il existe des moyens de le prévenir, de le combattre, et surtout de l’éviter. L’entreprise doit également trouver les moyens de protéger ses salariés contre ces troubles. Les salariés doivent aussi apprendre à écouter leurs émotions afin de pouvoir parler, s’exprimer, donc de se protéger des menaces extérieures et dévalorisantes.

Créer un compte

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audience et vous proposer une expérience utilisateur plus conviviale.

En savoir plus