Venezuela: une inflation monstrueuse de 1'000'000%

24/08/18

Peut-on sauver le soldat Caracas ?

Plongé dans une crise économique sévère et inquiétante, le Venezuela semble ne plus être en mesure de trouver les solutions lui permettant d’échapper au naufrage. Le FMI prévoit pour 2018 une contraction de 18% du PIB. Ce nouveau coup dur met en évidence la plongée de l’activité économique avec une marche arrière de 45% par rapport à 2013.

 

Le syndrome de l’hyperinflation

Le processus d'hyperinflation témoigne d’une inflation beaucoup trop élevée et surtout incontrôlable. Les prix peuvent augmenter de plus de 50% par mois, cela entraînant de facto une grave crise monétaire et économique. Les conflits, ou la trop abondante mise en service de monnaie pour rembourser des dettes, peuvent être fatales à un pays. D’ailleurs, dans la majorité des cas, les nations confrontées à l'hyperinflation sont généralement des pays pauvres ou très endettés qui essaient en vain de réduire leur déficit. C’est le cas du Venezuela. Toujours selon le FMI, la progression des prix à la consommation pourrait atteindre 1.000.000% dans le troisième tiers de 2018.

 

La source tarie du pétrole

Le Venezuela, qui résistait tant bien que mal grâce la production pétrolière, a vu son niveau de production se réduire de plus en plus. Or le Venezuela tirait 96% de ses revenus du brut ! De plus, la dévaluation inexorable du Bolivar place désormais le pays dans un engrenage inflationniste qui asphyxie l’économie. De fait, en plein chaos économique malgré de gigantesques réserves pétrolières, Caracas dispose de moins de 10 milliards de dollars (8,5 milliards d’euros) de réserves de change et s’essouffle pour maintenir le remboursement de sa dette. Cela entraîne des situations humanitaires extrêmement graves. Les matières de première nécessité ne sont plus accessibles pour nombre de Vénézuéliens. De fait, l’exode a commencé. Un nombre exponentiel de personnes quittent le pays pour se réfugier en Colombie, en Argentine, ou au Chili.

 

Un manque criant de transparence

Le FMI tente en vain de recueillir des informations fiables sur la situation économique réelle du pays. Le Venezuela est menacé d’être exclu de l’institution s’il persiste à se murer dans une rétention d’informations. Le FMI l’accuse tout simplement de se livrer à une procédure de « censure » ne permettant pas d’envisager de véritable réflexion sur un éventuel travail de reconstruction du pays. Maduro semble continuer sa politique de l’autruche.

 

Les promesses de Maduro

Réélu en mai dernier, le président Maduro avait promis une reprise en main du pays. Mais embourbé dans ses conflits avec les Etats-Unis, le président Vénézulien continue de jouer avec le feu en refusant les aides humanitaires américaines et les solutions pour sortir du chaos. Pendant ce temps, le pays continue de s’enliser sans la moindre solution providentielle à l’horizon. Du coup, ce sont les pays voisins qui éprouvent durement les conséquences de cet effondrement en accueillant de plus en plus de réfugiés.

 

Une monnaie devenue obsolète

Des images circulent dans les médias, où l’on voit la monnaie vénézuélienne, sans valeur, transformée en sacs et porte-monnaie par un vendeur de rue. Symbole bouleversant exprimant l’inexorable faillite d’un pays. D’autres vendeurs de rue utilisent la technique de l’origami pour transformer les billets de bolivar en objets artisanaux. Que faire d’autre avec une monnaie qui ne vaut plus rien ? Dès février, lors d’une vente aux enchères de devises, le bolivar avait subi une plongée de 86% face à l’euro.

 

L’impact sur les autres pays

Même si la situation dramatique du pays était prévisible, ce séisme ne devrait pas entraîner de grosses secousses sur les marchés. Le FMI a dit compter sur « des effets minimes de cette crise sur les autres pays », ce qui pousse encore peut-être davantage le pays à se terrer dans ses retranchements.

 

Souvenir de l’Argentine

En 2001, la faillite de l’Argentine avait plongé le pays dans un défaut de paiement d’environ 100 milliards de dollars auprès des créanciers privés. Mais le Venezuela n’en est encore pas là. Sa dette s‘élève « seulement » à 12 milliards de dollars jusqu’en 2020, mais avec seulement 10 milliards d’économies... Ici, comme en Argentine, les créanciers pourraient se retourner contre le pays et rendre la situation encore plus difficile à gérer.

 

La Chine et la Russie

Le Venezuela n’est pas totalement seul au monde. Mais la complaisance des amis ne dure qu’un temps. Moscou est prêt à faire un geste en ralentissant la procédure de remboursement mais, tout comme la Chine, se montre de moins en moins disposé à prêter encore de l’argent à Caracas. Certains économistes estiment que le pays devrait arrêter de payer ses dettes pour se concentrer sur les besoins de la population.

 

Comment redresser la faillite

Il est clair que Caracas va devoir emprunter encore de l’argent ne serait-ce que pour éviter l’implosion du pays. Mais Maduro sait, vu ses rapports conflictuels avec Trump, qu’il n’arrivera certainement pas à lever le moindre argent. Beaucoup ont peur qu’il n’ait d’autre choix que de laisser le pays souffrir encore. Certains préconisent qu’un changement de régime politique pourrait alors aider le pays à sortir du chaos.

 

Pour un nouveau gouvernement

Il est probable que les Etats-Unis se radouciront le jour où le régime chaviste disparaîtra de la liste de ses interlocuteurs. On rêve secrètement d’un gouvernement vénézuélien qui soit moins anti-américain et prêt à redémarrer un processus de conciliation. Le peuple vénézuélien traverse aujourd’hui un obscur tunnel d’austérité, mais cela ne veut pas dire non plus qu’il soit près à renverser le gouvernement actuel.

 

Une descente aux enfers

L'indice boursier du pays affiche la plus forte progression mondiale et les investisseurs misent sur les actions pour se protéger de l'hyperinflation. En effet, l’indice boursier de Caracas a bondi de 346%, tenant ainsi le titre de la meilleure performance boursière mondiale en 2017. Pour autant, l’inflation a grimpé de 720 %, poussant la population soit à fuir le pays soit à souffrir durement sur place. En l’absence de monnaie de remplacement, les investisseurs du pays n'ont d'autre choix que se tourner vers le seul placement resté plutôt stable malgré la crise : la Bourse. Car c’est un fait, mieux vaut détenir des actions que des bolivars. Mais nul ne sait si la bulle vénézuélienne pourra tenir encore jusqu’à la fin 2018.

Créer un compte

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audience et vous proposer une expérience utilisateur plus conviviale.

En savoir plus